La Chine de nos jours : l’unité de pôles opposés, le Yin et le Yang

Autor: Eduardo
Fecha: 15 de mars de 2021
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La Chine est un pays de pôles opposés en parfaite harmonie : une brève définition de la situation actuelle du géant asiatique, nonobstant révélatrice et très pertinente.

La Chine est le Taoïsme par excellence, l’une des diverses philosophies dont ses habitants sont adeptes. La philosophie taoïste préconise l’unité des pôles opposés, de ses deux éléments, le Yin et le Yang qui, bien que différents, se complémentent et forment un tout.

Effectivement, la Chine nous dévoile de multiples facettes et tend à accepter la dualité de l’existence de manière générale, et des aspects de la vie économique et politique du pays en particulier. Tandis qu’un autre Plan Quinquennal est sur le point de s’achever, la Chine se trouve au sein d’une nouvelle phase de développement.

En matière politique et de diplomatie internationale, la Chine souhaite maintenir cette description qui la caractérise, tout en souhaitant s’affirmer. Tout en représentant un plus grand intérêt à l’échelle global, sa diplomatie a besoin d’adopter une stratégie différente de celle qu’elle a développé jusqu’à maintenant, afin de démontrer son intérêt vis-à-vis des affaires qui dominent l’ « arène internationale »”, ainsi que participer de manière plus active. Le besoin d’abandonner sa philosophie de défaut d’implication s’impose, ainsi que d’opter pour une stratégie proactive. Conscient de tout ceci, le Gouvernement chinois a initié le développement de la « Participation Créative », qui consiste en une plus grande implication eu égard aux affaires internationales, en imposant ses propres caractéristiques quant au mode d’opérer et de résoudre les problèmes externes. Il s’agit sans doute du développement de sa stratégie globale de « Soft Power ou Pouvoir de Convaincre », dont le principal objectif réside dans la résolution des conflits moyennant des « solutions où tout le monde y trouve son compte » et d’idées innovatrices qui respectent les différentes cultures et puissent les incorporer de manière à coexister harmonieusement au sein de ce Monde.

L’aide internationale est d’ores-et-déjà une réalité pour la Chine, aide qui se poursuivra sous réserve qu’un pourcentage du PIB des pays développés soit alloué à cette aide de manière générale, puisque la Chine souhaite aller au-delà et passer d’être un pays moyennement développé à devenir une nation pleinement développée.

Le géant asiatique ne prétend nullement être prisonnier du « Piège du Revenu Intermédiaire », c’est-à-dire du blocage susceptible d’affecter les pays en voie de développement au détriment de politiques qui réduisent le prix de la main d’œuvre dans la plupart des cas : gagner de l’argent en abondance en obtenant des produits sur le marché dont les prix soit très abordables, sans parier sur d’autres avantages plus compétitifs, ce qui, tôt ou tard, les mèneront à être surpassés, sans pouvoir sortir de ce « niveau intermédiaire ».

Effectivement, le PIB de la République Populaire de Chine augmentait à une vitesse de deux chiffres en 2010 mais aujourd’hui, il atteint à peine 7,5%, ce qui se rapproche de l’objectif du Gouvernement. Cette chute se doit en partie à l’État, lorsqu’il établit une croissance de 7% du PIB en tant qu’objectif du Plan Quinquennal 2010-2015. Le Gouvernement savait qu’il devait faire face aux autres problèmes qui allaient survenir, dus à la croissance économique exponentielle de la Chine. La croissance économique n’est plus une priorité, en bénéfice de la création de structures internes de services publics et du renforcement du système financier. Si la Chine n’ajuste pas dès maintenant son schéma économique, bien que ceci implique une chute de la croissance de son PIB, le coût qu’elle aura à payer plus tard sera très élevé et elle devra faire face à un grave problème : croître de manière non durable.

L’évolution la plus récente (eu égard à la perspective temporelle chinoise) démontre ce qui suit :

-de 1949 à 1978, la préoccupation principale du pays consistait en l’alimentation de sa population et la loi du « Bol de Riz en Fer » prévalait ;

-de 1978 à 2002, la Chine se préoccupa de promouvoir les revenus des foyers et la consommation privée. Les chiffres qu’elle présenta au Monde furent révélateurs d’un véritable miracle. Au cours des trente dernières années, « un demi-milliard de chinois cessait d’être pauvre » affirma Christine Lagarde, Directrice Générale du FMI, lors du « Forum de Développement Chinois de 2012 », tenu à Pékin. Conformément aux données de la Banque Mondiale, le nombre de chinois se trouvant en-deçà du seuil de la pauvreté passa de 490 millions en 1981 à 88 millions en 2003.

– depuis 2002 et jusqu’à maintenant, la Chine est entrée dans une phase de prospérité modérée. L’état de protection sociale prend forme. Le Gouvernement chinois s’est rendu compte qu’il était trop axé sur la croissance économique, en détriment du reste. Le désir d’enrichissement personnel et d’investir à niveau individuel remplacèrent l’investissement dans le bien commun et l’État commença à créer des mécanismes aux effets d’une croissance plus durable et d’une plus grande égalité sociale.

Cette évolution par laquelle la Chine a dû passer peut être comparée à ce qu’Abraham Maslow nous transmet moyennant sa pyramide des besoins. Maslow indique qu’il existe des priorités quant au niveau des besoins de l’être humain, ce qui peut être transposé à l’échelle de tout un pays puisque la population est ce qui constitue ce dernier pour la plupart.

Ainsi, la Chine est également passée de la base de la pyramide puisque ses besoins de base étaient satisfaits (alimentation, logement, sécurité) aux niveaux supérieurs de celle-ci, c’est-à-dire ceux correspondant au ressort social et à l’estime (éducation, emploi, bien-être et appréciation personnelle).

En conséquence, il peut être affirmé que la Chine s’est beaucoup développée grâce à son évolution économique. De nos jours, les chinois exigent que les réformes de Deng Xiao Ping soient dérivées à un autre programme économique qui n’a pas encore pu être parfaitement défini. Il s’agira d’une sorte d’alliance entre le meilleur du capitalisme de marché et de l’économie d’État, puisque le Monde a démontré que ni l’un ni l’autre ne fonctionnent. Qu’il s’agisse du « Consensus de Pékin »” ou du « Consensus de Washington », tous deux présentent des défauts.

Il convient de souligner une donnée, la Chine souhaite évoluer vers le renouvellement et être la marque du Taoïsme. Elle a besoin de trouver des solutions pour sa classe de nouveaux riches, appauvrie par la crise financière de 2008, entre autres. Voyons sinon les deux causes principales de la chute de l’économie chinoise :

1º- La crise internationale ayant débuté en 2008, qui affecta les exportations chinoises,

2º- Le frein de l’État à la “bulle économique”, prenant conscience du fait que la croissance ne pouvait pas seulement avoir le ciment et le béton pour assise. En conséquence, les industries afférentes vécurent une décélération (matériaux de construction et mobilier, entre autres).

Afin que les exportations puissent redevenir solides, la Chine disposait de deux options principales. La première consistait en la reformulation de la politique des prix et de l’application de remises sur ses produits, ce qui ne serait pas facile en raison des politiques antidumping d’ores-et-déjà existantes qui affectaient les produits chinois. La deuxième option consistait à renforcer le positionnement des entreprises chinoises à échelle internationale, en particulier moyennant des fusions et des acquisitions d’autres entreprises. L’immense investissement global réalisé par les chinois est indéniable, cf. le cas du Portugal.

À la fin de l’année 2011, China Three Gorges acquit près de 21,35% d’EDP, la compagnie électrique portugaise. Cette acquisition fut le résultat d’une longue procédure de privatisation, à laquelle participèrent des entreprises telles qu’Electrobras et E. ON.

Au mois de février 2012, State Grid acquit 25% de l’entreprise REN (Réseau Énergétique National) et au mois de janvier 2013, Fosun acquit 80% du capital de Caixa Seguros. Cette acquisition représente près de 30% du marché national des assurances.

Au mois de mars 2013, Beijing Enterprises Water Group acquit Veolia Water Portugal, qui assure la fourniture d’eau dans les localités de Valongo, Paredes, Mafra et Ourém, un investissement de 95 millions d’euros. À cette même date, une entreprise chinoise acquit 35% d’EDC Mármores do Alentejo pour un montant de 24 millions d’euros, acquisition vouée à l’exploitation des décombres des carrières, afin de les transformer en marbre. 80% de la production serait exportée en Chine.

Le financement des entreprises portugaises entraîna également l’implantation de banques chinoises au Portugal. Par exemple, la Banque Industrielle et Commerciale de Chine (ICBC) qui s’implanta à Lisbonne au mois de février 2012, suivie de la Banque de Chine.

Il s’agit seulement de l’investissement chinois au Portugal, mais celui-ci existe également dans toute l’Europe et le Monde. Dans sa tentative afin que sa présence soit de plus en plus importante à échelle internationale, la République Populaire de Chine étrennera des mesures qui permettent de produire des biens de plus grande valeur ajoutée, avec une composante technologique et innovatrice chaque fois plus élevée et sophistiquée.

Les exportations continuent de chuter, le Gouvernement créé, en conséquence, des incitations afin de pallier à la réduction de la demande et tâche de faire appel à la consommation interne.

En résumé, il peut être conclu que la Chine est un pays de dualités qu’elle gère de manière très expérimentée. Il s’agit d’un mélange de pôles opposés qui s’allient en termes économiques, politiques et sociaux.

La tendance économique vers un accroissement de la consommation interne et une moindre dépendance de la demande externe et, à la fois, en termes de politique internationale, continuer de se démarquer afin de pouvoir exporter sa position, est une réalité. La recherche d’une économie qui se fonde pour la plupart sur l’initiative privée et le pouvoir de la Loi, une étape requise du Gouvernement moyennant la création de structures de soutien social à l’emploi, l’éducation et la vieillesse est une autre réalité.

Ces oppositions en apparence irréconciliables du point de vue de la mentalité européenne sont une constante de l’univers chinois et une marque indéniable du Taoïsme, une manière de penser qui ne tient pas compte du jour par opposition à la nuit, de la chaleur par opposition au froid, du positif sans le négatif, et qui défend le fait que les choses se construisent de cette façon, moyennant un renouvellement constant grâce à l’unité entre ces pôles opposés, du Yin et du Yang.

Ainsi, il est faisable de construire un puzzle grâce à des pièces qui paraissent, au premier abord, impossibles à imbriquer.

Publié à la Revue Portugaise d’Études Asiatiques, édition nº19 (2015), Institut d’Orient (Lisbonne) par Anabela, traductrice de portugais et de chinois de Sol Marzellier Traductores TM.

Traduit par Sol, CEO de Sol Marzellier Traductores TM.

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